La Gare au Théâtre n’est pas prête à s’effondre

En cette troisième semaine du festival « Nous n’irons pas à Avignon », la Gare au Théâtre n’est pas prête à s’effondre, loin de là. Ce qui ne l’empêche pas d’accueillir le spectacle de danse « Collapse » présenté par la compagnie Les Erres. En français « Collapse » se traduit par « s’effondre ». Seul certains bénévoles qui travaillent sans relâche peuvent ressentir l’envie de s’effondre en fin de journée. La compagnie Les Erres se porte bien sur la plateau jusqu’à ce qu’elle traverse un espace délimité qui change soudainement son comportement. Tout le spectacle de « Collapse » repose sur ce phénomène : comment résister à la pression atmosphérique qui rend difficile l’action de se tenir droit sur deux pieds dans un espace réduit et délimité.

Le fait de vouloir résister est ce qui entraîne les mouvements du corps dans une successions de réactions car la pression atmosphérique est tellement puissante et changeante qu’elle finit par pousser le corps dans tous le sens à partir de différents points. Au début les cinq danseurs dont quatre femmes et un homme de la compagnie Les Erres tentent au mieux dans l’espace d’un carré, deux mètres sur deux mètres, de ne pas s’effondre devant le public. Ce carré se situe en plein centre du plateau. Accorder de l’importance au dépouillement de la scène crée un espace vide autour des danseurs avec seul élément de décor, si l’on peut appeler cela décor, est un tapis noir aux rebords blancs représentant la forme géométrique d’un carré. Cette économie des moyens met en valeur les corps des danseurs et rend leur présence sur scène encore plus forte.

Dans cet espace délimité d’un carré, les corps se frôlent et se bousculent. De ce fait, cela provoque des répercussions sur les corps des uns et des autres créant un flo de mouvements parfois abruptes parfois ondulés. Le groupe de danseurs prennent parfois l’allure d’une masse puis l’un se détache propulsé par un tressaillement atmosphérique. Au fur et à mesure que le spectacle avance dans le temps, la chorégraphie incite les corps à explorer les confins du déséquilibre et les réactions que cela provoque sur le corps tout en étant une chorégraphie pré-établie. Ce voyage dans un espace réduit teste la résistance du corps ainsi que sa souplesse et sa réactivité face à une pression extérieure. En réalité, c’est ce qui se joue sur scène tout en sachant que chaque mouvement est étudié auparavant et répété mille fois pour parvenir à ce résultat qu’est la danse « Collapse ».

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s