Conférence-démonstration : « Qu’est-ce que le Kamishibai ?»

de Bernadette Plagemime

Organisé à la Maison de la Culture du Japon à Paris dont la co-organisatrice est Yuiko Tsuno, le « Festival du Kamishibai » se déroulera du 12 et 13 juillet 2017 avec des conteurs Japonais ainsi que Français. En guise de prémices à cet événement, une conférence-démonstration intitulée « Qu’est-ce que le Kamishibai ?» a été organisée par M.C.J.P., l’ I.K.A.J.A. et Yuiko Tsuno en ce 22 juin afin de faire découvrir cet  art du conte avec l’appui d’images. Un art qui a connu ses débuts aux alentours des années vingt du siècle dernier.  L’actuelle présidente du « International Kamishibai Association of Japan » est venue expressivement pour faire découvrir le « Kamishibai » au public parisien.

1 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

La séance a commencé par une introduction de Tsutomu Sugiura. Pour mettre le public dans l’ambiance, il a évoqué ses propres souvenirs d’enfance. Au départ, le « Kamishibai » était un spectacle ambulant qui allant dans les quartiers populaires pour offrir un spectacle divertissant avant que cela se répand vers un public plus large. Il explique au public le sens du mot « Kamishibai », qui veut dire : « Théâtre de papier » ! A ces commencements, une astuce était utilisée pour attirer les enfants. Tel un vendeur ambulant  sur sa bicyclette, le conteur arrivait avec ses bonbons. Le Directeur précise au public que les enfants s’étant procurés des bonbons avaient les meilleures places pour assister au « Kamishibai ».  Se retrouvant souvent au fond, cela ne l’a pas empêché d’apprécier cet art du conte et des images qu’est le « Kamishibai » !

2 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

Cette dernière remarque est importante car cette question de la visibilité et de l’audibilité a été soulevée de nombreuses fois durant la conférence démonstration : « Qu’est-ce que le Kamishibai ?» Tout l’art du « Kamishibai » réside dans la qualité de ces deux aspects essentiels à l’art du conte par les images. D’ailleurs il peut être remarqué que grâce à la qualité de ces deux éléments : l’un vocal et l’autre visuel, le « Kamishibai » est un des meilleurs moyens pour accéder à l’apprentissage d’une langue et d’un langage. Ce qui explique son importance pédagogique et éducative. Il n’a pas été étonnant de voir parmi le public des instituteurs intéressés par l’intervention de Madame Kyoko  Sakai.

3 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

Cet aspect du « Kamishibai » a évolue avec le temps. D’ailleurs la maison d’édition jeunesse « Dôshuinsha » soigne cette dimension du « Kamishibai ». En produisant des récits et des images  à partir de contes japonais ainsi que français et de toutes les nations, cela donne aux enfants une vision plus vaste de leur monde.  En s’imprégnant des contes, la leçon transmise souvent sous une forme d’éthique, apporte une notion de discernement à l’enfant.

4 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

A savoir que le « Kamishibai » n’est pas réservée seulement aux enfants. Depuis un certain temps, le « Kamishibai » évolue vers un public nettement plus large, qui inclus les adultes. D’ailleurs le public venu pour la conférence démonstration était essentiellement des adultes, de toute évidence enchantés de pouvoir participer à cet évènement. Une des particularités du « Kamishibai », est de faire participer le public.

5 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

D’ailleurs la conférence démonstration a commencé par un « Kamishibai » participatif. La première chose que le public doit savoir est qu’il doit applaudir afin que la conteuse ouvre les trois volets du « Théâtre de papier ». Une technique précise est utilisée. Il faut commencer par ouvrir le volet le plus éloigné de soi sinon celui-ci finira par gêner l’ouverture du volet suivant. Pour les deux autres volets, l’ordre peut être inversé, c’est à chacun de choisir. Toutefois, il a été remarqué que Madame Kyoko Sakai suivait un ordre bien précis à chaque fois : en commençant bien entendu par le volet le plus éloigné suivi de celui d’en haut pour terminer par celui le plus proche.  Les gestes sont faits avec beaucoup d’élégance et de d’habilité. 6

L’histoire de ce « Kamishibai » participatif commence par un petit cochon pour terminer par l’image d’un gâteau que la conteuse, grâce à des gestes proche de la pantomime, feigne de distribuer des morceaux au public. De toute évidence, cette séquence a beaucoup plu au public d’adultes, qui ne sont qu’en réalité des grands enfants.  La participation se fait non seulement par l’image mais aussi par la voix et par des onomatopées ainsi qu’une sorte de refrain : « Gros, plus gros, encore plus gros!  ». En tout, quatre contes ont été racontés par les images afin de montrer la diversité du contenu et des dessins qui l’accompagnent. En écoutant la conteuse, il est  facile de constater l’importance de la voix. La précision de son emplacement auprès du « Théâtre de papier » est essentielle au niveau de la projection sonore.  Grâce à sa voix disposant d’un phrasé qui apporte du sens et une diction si bien articulée que la compréhension du récit est tout à fait audible.

7 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

Du côté visuel, la conférencière insiste sur les avantages du « Théâtre de papier » par rapport au livre. Dans de nombreuses bibliothèques, l’heure du conte se fait grâce à un livre. Ors, au niveau de la visibilité cela n’est pas tout à fait évident. L’image présentée par le « Kamishibai » se tient fermement de face dans son cadre. Le livre que la conteuse tient n’est pas présenté de manière bien droit et rarement pleinement de face. Du fait que tenir un livre bien ouvert et le lire au même temps n’est pas aussi évident que cela a l’air, présenter les images de cette manière rend la visibilité moins accessible au regard.

Le « Théâtre de papier » est bien plus pratique à ce niveau-là.  L’image est présentée dans son cadre tandis que le texte est séparé de celle-ci et se trouve derrière une autre image, ce qui permet de lire à haut voix le récit. Avec le temps, elle a seulement besoin de se référer au texte de temps à autre. L’inflexion de la voix est très importante lors du récit afin de transmettre l’émotion de cet univers.

9 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

Un des principes de ce « Théâtre de papier » est la manière d’utiliser les cartons de papier sur lesquels se trouvent les images.  Ces cartons de papier, où figurent les images, se succèdent les uns après les autres pour constituer les visuels du récit. Lorsque la conteuse tire l’image vers elle-même, le carton de papier ressort du cadre sur le côté jardin.  Au fur et à mesure qu’elle ressort, la conteuse rend l’image suivante peu à peu visible.

Par ce geste de faire ressortir l’image en tirant sur le carton de papier, l’image quitte l’espace du cadre du « Kamishibai » afin de rejoindre le monde extérieur qui est celui du public. De cette manière le public peut s’approprier le conte pour qu’il devienne une part de lui-même. Le public découvre l’image d’abord dans un espace bien définit qui est celui du « Kamishibai ». Lorsqu’il quitte cet espace, l’image rejoint l’espace du public et celui de la conteuse.

La manière de tirer l’image hors du cadre est tout un art. Il s’agit en effet de varier le rythme afin de créer des effets différents qui se forgent selon les besoins du récit. Le carton de papier peut être tiré tout en douceur et en lenteur, ou, encore à toute allure de manière presque abrupte. Dans d’autres cas, selon le besoin du récit, l’image peut être retirée partiellement en s’arrêtant à mi-chemin du cadre afin d’insister sur l’aspect de transformation relatif au conte. Cela demande un certain entrainement et une habilité des gestes afin de bien varier les rythmes.

A travers les quatre contes présentés lors de cette conférence démonstration, la diversité du contenu et des styles de représentation des images devient évident. Les dessins peuvent rester simples ou elles peuvent devenir de véritables œuvres d’art.  Le « Kamishibai » suscite une forme de créativité à ce niveau donnant au public l’envie de créer ces propres images sur des cartons en papier afin d’illustrer les temps forts d’un récit connu par tous ou un peu plus personnel. Après cette présentation du « Kamishibai », le public  en tant que « nouvel initié » pourra encore mieux apprécier cet art du conte lors du « Festival du Kamishibai » !

13 Conférence-démonstration Quest-ce que le Kamishibai Crédit photogrpahique Bernadette Plagemime

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

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